Nos attentes pour 2014 (1/3)

Théo CharrièreLa ZoneLaisser un commentaire


 Maps to the Stars de David Cronenberg

 

Chaque film de Cronenberg, peut-être le plus important des cinéastes en activité, est attendu de pied ferme. La conséquence d’une carrière sans faute dernièrement renouvelée par Cosmopolis, majestueuse peinture d’un capitalisme millimétré et de son alchimie impossible avec l’humain. Là encore, le corps se fera certainement témoin du dérèglement d’un univers : Hollywood (déjà évoqué, par extension, dans A history of violence, qui déconstruisait parallèlement le mythe d’un pays tout entier fondé sur des simulacres et celui de son cinéma) et son bestiaire de freaks –dont une enfant-star sortant de cure de désintoxication et un coach de développement personnel.

Hantée par des fantômes, à l’instar de Mulholland Drive de David Lynch, cette fresque sera peut-être pour Cronenberg l’occasion de livrer son film de cinéma-maladie/cinéma-amour.

john


Aimer, boire et chanter de Alain Resnais

 

La trajectoire empruntée par Resnais depuis une vingtaine d’années est passionnante tant elle semble injecter liberté formelle et liberté de ton dans l’image traditionnellement répandue d’un cinéma français roublard (le marivaudage choral). L’histoire d’un homme tiraillé entre plusieurs femmes, sous couvert de faux-semblants propres au théâtre, pourrait aisément lui permettre de se plonger à nouveau dans des jeux de contraires et autres explorations des possibles amoureux.

L’affiche du film, peuplée d’une rassurante troupe d’acteurs, rappelle par la présence planante d’un personnage aux jours comptés la mélancolie des œuvres récentes, toujours hantées par des fantômes effleurés par la douceur du montage (la neige de Cœurs, l’imbrication invisible de Vous n’avez encore rien vu).


Our Sunhi de Hong Sang-soo

 

Réduire Hong Sang-soo à un cinéaste de la variation serait occulter la volonté d’un projet global autant indéfini que presque expérimental, où chaque objet semble constituer la pierre d’un vaste édifice filmique dévolu à l’exploration de l’indécision amoureuse. Le déploiement de film en film d’une mécanique précise, d’un art du détail et d’une logique du ressassement ad nauseam font de lui un grand cinéaste du temps suspendu à la virtuosité discrète. Il pourrait trouver dans ce personnage de jeune fille tiraillée entre son passé et des espoirs fluctuants l’occasion d’approfondir le processus de désenchantement sentimental entamé par Haewon et les hommes.

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